Hans Bellmer

19 septembre 2009

Hans Bellmer

Hans Bellmer (1902 – 1975) est un sculpteur et photographe d’origine allemande. Il réalise en 1934,  son œuvre la plus connue et la plus troublante : La Poupée, représentation d’une jeune fille en taille quasi-réelle et que Bellmer  qualifie de « créature artificielle aux multiples potentialités anatomiques ».  L’artiste à travers ses photographies, met en scène sa créature et en modifie l’anatomie jusqu’à la faire paraître monstrueusement vivante.

Le travail de Hans Bellmer est particulièrement intéressant pourtant, j’ai beaucoup hésité à faire un billet sur cet artiste tant son œuvre me paraît sombre et dérangeante. C’est pourquoi à la simple succession de photos, j’ai préféré mêler des extraits d’un article de Fabrice Flahutez intitulé « Ce que cache l’image, ce que montre la Poupée »
Tous les textes qui suivent sont donc de Fabrice Flahutez. Vous trouverez en fin de billet un lien vers son article complet.

Hans Bellmer - The Doll - Dans les bois

[..] Hans Bellmer affectionnait le petit format aussi car il est susceptible de laisser l’observateur se rapprocher de l’œuvre au point de la toucher. De même, les tirages originaux des photographies sont de très petites tailles [..] de façon à privilégier le sentiment de proximité et d’intimité avec l’objet d’art.[..]

HansBellmer - The Doll - Le mur

[..] Rappelons brièvement la façon dont Freud définit l’inquiétante étrangeté. « On qualifie de unheimlich tout ce qui devrait rester… dans le secret, dans l’ombre, et qui en est sorti ». L’unheimliche est aussi « la situation où l’on “doute qu’un être apparemment vivant ait une âme, ou bien à l’inverse, si un objet non vivant n’aurait pas par hasard une âme” [..]

Hans Bellmer - The Doll - La poupée photographiee

[..]La Poupée photographiée (1935) a le plus souvent un regard intentionnel qui lui confère la particularité de se situer à la frontière du vivant et du non vivant. Si l’objet regarde, c’est que l’observateur peut être vu. Une relation s’établit immédiatement entre l’objet photographié et [le spectateur] qui induit un malaise, un Unheimliche. En observant de plus près le visage de la Poupée, on est frappé par l’extrême intensité de ce regard. Vous avez dit regard, mais une poupée ne regarde pas, elle a des yeux mais ils ne sont que des billes de verre sans âme. Si l’on a le sentiment que l’objet Poupée regarde c’est déjà le début d’une transformation du statut de ce que l’on voit.[..]

[..] Le travail de Bellmer nous a entraîné sur un chemin étonnant qui nous fait croire à l’improbable. Ce qui est symptomatique de ce sentiment c’est qu’il ne vient pas à l’esprit du plus cartésien de remettre en cause la possibilité qu’une telle poupée puisse être douée de raison. La poupée regarde à sa gauche un objet familier et notre conscience bascule, comme à l’orée d’un rêve, vers une réalité fictionnelle. A cet instant, la conscience ne peut pas admettre la cohabitation de l’inanimé et de l’animé. Elle doit choisir entre la vie et la mort et la poupée jouant formidablement son rôle double bouleverse la psyché au point d’entraîner un rejet ou une fascination pour cette œuvre. Ainsi, Bellmer déclenche chez l’amateur un processus de défense qui a pour effet de procurer une sorte de malaise tenace qui prend sa source dans les profondeurs de l’inconscient.[..]

Hans Bellmer - The Doll - Dans les escaliers

[..] Bellmer construit un territoire pour sa poupée. Ce territoire est familier et comprend systématiquement un passage.
orsque Bellmer place la créature sur les marches en bois, cela suggère qu’elle est en transit, en position précaire. L’escalier implique de facto la mobilité de ce qui s’y trouve. On emprunte un escalier comme on emprunte un couloir on ne saurait y rester.[..]

[..] L’escalier est l’élément qui confère à « l’objet-poupée » son caractère inquiétant car il appartient à l’intime, au cœur de la maison, il permet à la poupée de se dédouaner de son statut d’objet anodin pour devenir dans cette maison un être que l’on ne peut plus ignorer. L’objet est là, photographié à un instant donné de sa course dans la maison.[..]
En savoir plus sur Hans Bellmer

> Biographie de Hans Bellmer

> « Ce que cache l’image, ce que montre la Poupée », de Fabrice Flahutez

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