Gillian Wearing

11 juin 2009

Gillian Wearing
A travers ses œuvres photos et vidéos, Gillian Wearing tente d’approcher la nature humaine, de confronter l’image de soi souvent subie à l’image sociale tant souhaitée. Dans une société où l’apparence codifie le rapport aux autres, Gillian crée par artifice (un masque ou une pancarte le plus souvent) une fêlure dans l’image sociale d’anonymes laissant entrevoir une personnalité troublante ou des propos inattendus.

En savoir plus

Exposition jusqu’au 23 août au musée Rodin
> http://www.musee-rodin.fr/

Présentation de l’œuvre de Gillian Wearing par le musée Rodin

Depuis le début des années 90, Gillian Wearing explore à travers photographies et vidéos le spectacle de la nature humaine,  mettant à jour les mécanismes qui régissent les relations sociales.  Son travail appelle, avec une certaine brutalité, à faire l’expérience de l’humain.
Qu’elle enregistre les confessions d’hommes et de femmes ordinaires, ou filme des scènes de la vie quotidienne dans lesquelles différents personnages interagissent, c’est toujours sur le mode de la crise, du dévoilement des hontes ou des traumatismes enfouis qu’elle montre l’individu.

Jouant sur les limites entre espace public et privé, tout son travail est centré sur la tension entre identité et représentation, entre image de soi et image sociale.
Si son œuvre est aussi forte et troublante, c’est qu’elle nous met face à nous-mêmes, à nos propres désirs, craintes et ambiguïtés.
Une série de photographies réalisée en 1992 était d’abord motivée par le désir d’aller à la rencontre de l’autre.
Arrêtant des inconnus dans les rues de Londres, elle leur demande d’écrire quelques mots sur une pancarte puis de se laisser photographier avec.
Un homme d’affaire de la City brandit «Je suis désespéré», une jeune femme
écrit «Je ne veux pas ressembler à un garçon», tandis qu’un policier
en uniforme nous dit simplement «Help». Les visages, les attitudes,
viennent parfois contredire totalement ce que nous dit le texte, révélant toute l’ambivalence des comportements, des personnalités.

Ce sont bien des portraits dont il s’agit, mais ébauchés, incomplets,
nous donnant la juste mesure de la complexité de l’identité.
Trois vidéos de Gillian Wearing sont présentées au musée Rodin,
Trauma et de façon succesive Confess all on video et Secrets and Lies.
Projetées dans des boîtes noires, elles amènent chacun d’entre nous
à devenir le spectateur de confessions filmées. Pour Confess all on video
et Secrets and Lies, l’artiste a recruté des volontaires par petites annonces,
les invitant à confier à la caméra leurs secrets les plus intimes, le visage caché par un masque, toujours différent, toujours grotesque.
L’usage du masque, en soustrayant l’individu au regard de l’autre, permet
de libérer la parole. Paradoxalement, ce masque permet l’exhibition de soi
la plus totale en même temps que la protection d’une certaine intimité. Dans Trauma, réalisé selon le même procédé, l’artiste demande à des inconnus de confesser un traumatisme, camouflés par un masque, mais un masque neutre, cette fois toujours le même, ou presque.
Derrière cet uniforme que constitue alors le masque, les apparences
se déconstruisent : le visage, que toute l’histoire de la représentation humaine jusqu’au 19 ème siècle avait érigé en siège des émotions et de la personnalité, perd de son pouvoir. La parole s’en trouve pleinement investie, mais elle est par nature toute aussi ambiguë, incertaine, et l’individu derrière le portrait ne cesse de se dérober dans cette trompeuse mise à nu.

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